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Les habitants, (nouveau) patrimoine du tourisme de demain ?


Gemmici et France Greeters ont conclu un partenariat pour faire des habitants, le nouveau patrimoine du tourisme de demain.
28 Octobre 2020 Catégories :      
Les habitants marchent ensemble dans la forêt

Dans le contexte actuel, les destinations cherchent à se réinventer pour proposer un tourisme plus local, plus durable, plus soutenable, plus proche des tendances actuelles de notre société. Les visiteurs veulent sortir des sentiers battus, vivre une expérience authentique hyper-personnalisée au plus proche de la population locale. !

De ce point de vue, les habitants sont capables d’influencer les visiteurs par leur connaissances des pépites locales et de l'art de vivre de leur région. Ils portent en eux un patrimoine immatériel, authentique, parfois méconnu, que recherchent de plus en plus des visiteurs en quête de sens.

Pour répondre à ce besoin, et révéler ces “pépites locales”, Gemmici crée actuellement un outil de collecte de témoignages, souvenirs, anecdotes. La création de contenus (photos, vidéos, extraits sonores) permet alors d’engager les habitants dans un rôle d'ambassadeur de leur territoire.

Afin de tester son idée, Gemmici s’est rapprochée de la Fédération France Greeters, qui cherche à valoriser toute la richesse de ses communautés d’habitants. Au-delà du concept commun à tous les réseaux Greeters, la collecte et la diffusion de ces témoignages permettra aux visiteurs de mieux appréhender les expériences incroyablement diverses proposées par ces habitants amateurs.

En tant que non-professionnels, c’est davantage leur personnalité, leur accent, leur ressenti forcément subjectif, qui doit être l’objet de la rencontre et donc de leur promotion. En révélant leurs passions, leur vécu et leurs coups de cœur, les Greeters souhaitent se définir avant tout comme une communauté patrimoniale et faire fuir ceux qui viendraient à eux pour la balade gratuite.

Nous avons posé 3 questions à Jonathan Huffstutler, président de la Fédération France Greeters, afin qu’il nous présente sa vision du projet.

Bonjour Jonathan, peux-tu nous présenter le concept de l’expérience Greeters ?

Au départ, c’est l’idée toute simple d’un groupe d’amies qui n’en pouvaient plus de la mauvaise réputation qu’avait leur ville à l’époque (NY en 1992) et qui se sont organisées pour accueillir les visiteurs comme ils le feraient avec leurs amis ou leur famille. Le concept s’est ensuite répandu dans plus de 30 pays, sans doute porté par d’anciens voyageurs, qui ont voulu reproduire chez eux cette forme d’accueil désintéressé.

Par sa nature même, la rencontre entre un habitant et un visiteur de passage est unique, mais le concept porté par le mouvement Greeters s’adapte aussi bien à la ville qu’aux zones rurales, dans plus de 30 pays, et particulièrement en France. C’est cette simple idée de remettre de l’humain dans le voyage qui est au cœur de l’esprit Greeters. Nous pensons, que l’enrichissement mutuel et les échanges culturels entre individus peuvent aider à rendre le monde meilleur. Cela paraît peut-être utopique pour certains, mais les Greeters vivent quotidiennement cette utopie depuis 28 ans (et depuis un peu plus de 10 ans en France).

"Maintenant, que peuvent offrir les Greeters pour être encore présents dans le paysage touristique dans 10 ans ? Des rencontres, toujours, c’est dans notre ADN, mais en sondant notre communauté Greeters au sortir du confinement, nous avons eu la confirmation d’une autre volonté de nos bénévoles, celle d’être ambassadeurs de nos destinations. C’est une autre de nos valeurs fondamentales: contribuer à l’image positive de la destination. C’est vers cela que nous devrions nous orienter ces prochaines années, pour devenir avant tout une communauté d’ambassadeurs… qu’on peut rencontrer en vrai !"

Quelle est la valeur créée par les témoignages des habitants selon toi ?

"Pour s’en rendre compte, Il faut se poser une autre question : “pourquoi voyageons-nous” ? La réponse est bien sûr très complexe, car on parle d’humains; mais justement, que peut offrir un territoire d’aussi hétéroclyte, d’authentique, d’inexploré, d’inépuisable que les témoignages de ses habitants ? Pour peu qu’on les écoute, qu’on s’en donne le temps, qu’on les respecte, les récits des locaux peuvent révéler l’âme d’une destination. Pour moi il n’y a rien de plus fort pour transmettre la raison d’être d’un territoire.

En vérité, avant même que cela ne serve d’argument touristique différenciant pour convaincre d’éventuels touristes, cette introspection est avant tout une prise de conscience d’un patrimoine immatériel dont la valeur est souvent mal perçue et donc peu protégée. On a commencé à promouvoir ce qui était facile : l’environnement, le climat, nos services, puis quelques éléments patrimoniaux majeurs, mais ce qui est le plus précieux se mérite. Un vrai voyageur sait que tout cela n’est qu’un décor pour les personnes qui y vivent et que pour comprendre l’endroit que l’on traverse, il faut écouter ce qu’en disent les locaux, ce sont eux qui y apportent du sens. Autrement, ce n’est que du marketing."

Quelle est ta vision de la promotion des destinations françaises pour le tourisme de demain ?

"Je fais le pari optimiste que la France, en tant que destination mature, ayant exploré de nombreuses façon de se promouvoir et ayant pu se rendre compte des limites d’une croissance illimitée du Tourisme, s’oriente vers une stratégie moins quantitative mais plus qualitative. Ce “moins mais mieux” est pour moi le chemin le plus responsable que nous pourrions prendre pour à la fois continuer de générer des retombées économiques tout en faisant face au défi climatique dont les professionnels du tourisme français commencent tout juste à se rendre compte.

Outre la limitation de son impact négatif et la réassurance sécuritaire/sanitaire, quels arguments touristiques pourrons-nous mettre en avant ? Quel dépaysement alors qu’on voyagera moins loin ? Comment faire revenir alors qu’on séjournera plus longtemps ? Comment créer de l’authenticité ou de la fidélité alors qu’avec moins de visiteurs pour une offre touristique sur-dimensionnée la concurrence des offres va être extrêmement forte ?

Si les habitants sont réellement consentants pour accueillir des visiteurs localement, alors ils peuvent être un vrai levier pour la promotion d’un tourisme plus vertueux. Si l’on veut être respectés comme habitants, nous devons aussi traiter nos invités autrement que comme des consommateurs. Pour le moment, les systèmes d’informations touristiques n’ont pas suffisamment de données subjectives pour venir ébranler les émotions de nos visiteurs potentiels.

Au-delà de la technique, qui a permis, il y a quelques années, aux plateformes de rapprocher le visiteur du local, la “mise en relation” est maintenant beaucoup plus intime. On ne veut plus rencontrer UN local, mais LE local, celui qui nous touchera le plus. Il y a un vrai enjeu pour la France selon moi, car les destinations qui seront leaders (en qualité) demain, impliqueront forcément leurs habitants et sauront transmettre à chacune de leurs “personas”, les émotions qu’elles cherchent à vivre lorsqu’elles voyagent."

En collaborant main dans la main avec France Greeters dans la construction de l’outil de collecte, Gemmici se donne les moyens d’atteindre son ambition d’offrir aux destinations françaises une solution de valorisation de ce patrimoine immatériel qui les entoure et de mettre les habitants au cœur de cette nouvelle création de valeur. Certains territoires l’ont déjà compris et mis en place localement, une web-app de séjour, ou la recommandation de bon plans par des locaux.

Gemmici souhaite aller plus loin en associant un outil de collecte simple à une diffusion plus large et plus flexible de ces données. Ceux qui le souhaitent pourront toujours en faire un usage individuel mais les propriétaires des données pourront aussi opter pour une utilisation partagée voire même les rendre accessibles en open-data.

Pour cela, l’enjeu se situe maintenant au niveau des Systèmes d’Informations Touristiques. S’ils acceptent demain ce type de données d’expérience, cela permettra d’en faire profiter l’ensemble des acteurs de ces écosystèmes de données (Apidae tourisme, DATA Tourisme…). La valeur ajoutée de ces témoignages subjectifs, complémentaires aux données d’information touristique permettrait alors de nouveaux usages dans la promotion des destinations.

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